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Avertissement : Ce texte informatif servira à la rédaction du livre "175 belges pour sauver la
planète".
Les voyages forment la jeunesse
Toute jeune déjà, Nelly Filipson rêve de se consacrer aux enfants malades. L’idée lui en vient lorsque ses parents la placent dans un internat où
elle doit se rétablir d’une maladie infantile. « Le docteur avait recommandé la mer parce que l’air marin me ferait du bien », se souvient Madame Filipson, « mais
je me suis retrouvée dans un home pour enfants handicapés. Tout ce que j’y ai vu m’a tellement impressionnée que j’ai décidé de me consacrer plus tard aux enfants
malades ».
Après ses humanités, Madame Filipson entreprend des études d’infirmière qu’elle termine avec brio.
Elle voyage ensuite pendant un an aux Pays-Bas, en Angleterre et surtout en France. « Je ne recherchais pas l’aventure », raconte Madame
Filipson, « mais je voulais autant que possible travailler dans des homes pour les enfants handicapés mentaux, pour découvrir la meilleure façon d’aborder les différents
handicaps. Je désirais surtout comprendre comment fonctionnaient ces maisons. Tout au long de mon périple, j’ai noté toutes les choses que je ne voulais absolument pas dans le
home que je comptais fonder moi-même plus tard. Au fil du temps, j’ai remarqué que j’étais particulièrement intéressée par les enfants handicapés mentaux qui avaient un problème
de parole ».
Bénévole
Madame Filipson a eu trois fils. À la naissance du troisième, son fils aîné - alors âgé de sept ans- développe un handicap physique et
comportemental. Il mourra vingt ans plus tard et cette épreuve aura fait vivre à Madame Filipson toutes les étapes qu’endurent les parents d’enfants mentalement
handicapés.
À cette époque, Madame Filipson suit des cours du soir de logopédie et en 1959, elle est officiellement logopède. Pendant plus de dix ans, elle
travaille comme bénévole dans des écoles de Bruxelles, Saint-Gilles et Ganshoren. Après un conflit avec le Ministre de l’Enseignement elle quitte l’école. « Sept mois plus
tard, sept couples de parents d’enfants handicapés mentaux venaient frapper à ma porte. Ils m’ont demandé si je pouvais faire quelque chose pour leurs enfants. Cette même année,
mon père est mort et j’ai hérité de quelques biens immobiliers. J’ai alors réuni mes ‘quatre hommes’ et je leur ai demandé s’ils étaient d’accord que j’utilise l’argent de
l’hypothèque sur ces maisons pour ouvrir un centre pour enfants handicapés mentaux. Ils n’ont eu aucune objection.
Quelques temps déjà avant d’avoir décidé d’ouvrir cette maison et que l’asbl Nos Pilifs ne démarre modestement avec les sept premiers enfants, je
me suis mise à chercher quel ministère pourrait collaborer. Je me suis heurté au Fonds National pour le Reclassement Social des Handicapés, l’actuel Fonds pour l’Intégration
Sociale des personnes handicapées, qui voulait bien nous consentir un subside équivalent à 1,5 heure par jour de logopédie, psychomotricité, ergo- et kinésithérapie. Cela ne
nous avançait pas très fort, car je voulais un système qui permette aux enfants de passer toute la journée au centre, cinq jours par semaine, comme à l’école. Grâce au soutien
du fonds et à d’autres dons, avec l’aide d’objecteurs de conscience et les contributions mensuelles des parents, je suis quand même parvenue à réaliser mon rêve.
La maison a ouvert ses portes en 1971 à l’avenue des Pagodes à Laeken, là où elle se trouve toujours. Elle s’est même étendue à un bâtiment annexe
et nous fonctionnons toujours de la même façon, mais avec 50 enfants. Nous avons longtemps cherché un nom et imaginions des choses dans le style de ‘la Source’... mais c’est
finalement devenu ‘Nos Pilifs’, un nom qui suggère la douceur et la gentillesse mais qui n’est en somme que l’anagramme de mon nom de famille, Filipson ».
D’ asbl en asbl
Avec le temps s’est posé la question de savoir où iraient les enfants lorsqu’ils seraient devenus grands. Voilà pourquoi en 1984, ‘La Ferme Nos
Pilifs’ vit le jour. Il n’y avait aucun atelier protégé dans le Nord de Bruxelles et un objecteur de conscience qui travaillait comme éducateur à l’avenue des Pagodes suggéra
l’idée d’ouvrir une ferme multifonctionnelle. « Grâce à un bourgmestre très coopérant, nous avons reçu des terrains pour une durée de 66 ans, afin de pouvoir réaliser ce
projet » raconte Madame Filipson.
Un assistant en psychologie, qui travaillait également au centre, imagina la Maison des Pilifs, qui ouvrit ses portes en 1985. Il s’agit d’une
maison de logements indépendants avec assistance pour les jeunes handicapés de plus de 18 ans. Le projet de logements s’est vite agrandi et compte aujourd’hui quatre maisons
(dont trois ont été mises à disposition par la Ville de Bruxelles pour 66 ans) et une maison appartenant personnellement à l’asbl. Ces maisons sont toutes à proximité de la
Ferme. « C’était fondamental pour moi. J’habite moi-même dans le quartier et pour ces jeunes, il est important de pouvoir se rendre tout seul à la Ferme ».
En 1989, des jeunes déficients sont venus solliciter du travail à la Ferme, mais ils n’étaient pas en état de travailler. Pour ces personnes, une
ergothérapeute du centre de réadaptation a ouvert, au cours de la même année, Le Potelier, un centre pour jeunes de plus de dix-huit ans.
Pour terminer, il y a encore l’a.s.b.l. Au Bon Temps des Pilifs, un club de loisirs. Et les projets ne s’arrêtent pas là.
Source : Avec Le Bruseleir
www.brucity.be/pdf/college/2005/brusseleir/Brusseleir06.pdf
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